Ecrire en coréen

korean type

0015 L’écriture coréenne est une curiosité car elle utilise des voyelles et des consomnes, alors que ses grands voisins la Chine et le Japon sont abonnés aux idéogrammes. C’est un système alphabétique, fait de caractères hangûls, de type monocaméral (pas de capitales) de 51 lettres dites jamos, créé en 1443 par le roi Séjong Le Grand. Son dessin est inspiré par les formes de la bouche et les principes du yin et du yang. Le trait horizontal représente la terre, le vertical l’homme, et le rond (ou le point) est le soleil.

En recevant le dessin de lettre ci-dessus, le typographe Christophe Badani m’a fait la réflexion suivante: « c’est une script inversée ». Mais l’écriture asiatique dans son ensemble n’est pas de même nature que la nôtre. C’est une écriture confusianiste, elle exprime l’harmonie entre soi (la main qui écrit) et l’équilibre de l’univers, chaque ligne, chaque trait, chaque délié montre l’intention du scribe et sa volonté morale.

Dans ce dessin du Kook-Hee Script, la pente des caractère n’est pas la même que celle des scriptes inversée, c’est une ligne qui part du centre pour aller vers soi. Le pinceau qui dessine se tient en Asie de façon verticale, face au ventre, face au dantien (approximativement 3 doigts en dessous du nombril), et les mouvements se font avec la respiration, avec le ventre, avec son centre de gravité. Le crayon n’est pas tenu comme une prolongation des doigts. Pour faire un trait vertical dans une écriture asiatique, ce n’est pas le poignet qui bouge, c’est la respiration. Si le scribe est totalement centré le trait est droit, s’il ramène le pinceau vers lui sans bouger le poignet, le trait vertical s’incline naturellement vers la droite.

En inventant l’imprimerie pour diffuser la Bible, Gutenberg prouve que l’efficacité économique amène la spiritualité à tous. Rien de cela chez nos amis asiatiques pour qui l’écriture manuelle est toujours la référence, car elle permet d’exprimer en permanence son rapport au monde, et la beauté morale de celui qui écrit.

Mais, attention aux clichés lorsque que vous utilisez des typographies asiatiques. Ce qui est beau et moderne dans un pays et vieux et dépassé dans un autre. Au Japon, l’utilisation de la typographie suivant un mode vertical est valorisant, elle fait référence au passé et à une certaine noblesse, une pureté. En Chine, toute évocation du passé évoque l’obscurantisme, et il faut utiliser les typos verticales avec beaucoup de sobriété dans des éléments isolés comme les légendes ou les accroches, et pratiquement jamais dans des travaux graphiques luxueux. 

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